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     Bombay, pour les touristes, ce sont les « tours du silence » où sont exposés les « Parsi » décédés dont les chairs sont déchiquetées par les vautours. Ce sont aussi quelques images d'une misère que l'on affecte de trouver pittoresque.

     Falkland Road est l'une des rues les plus pauvres de Bombay. Les prostituées y vendent leurs charmes pour quelques roupies
     Falkland Road est une rue bordée de vieilles maisons de bois de trois à quatre étages dont les pièces du rez‑de‑chaussée, aux fenêtres pourvues de barreaux, sont habitées par des prostituées. Dans les étages supérieurs, d'autres filles, assises en groupe sur le rebord des fenêtres, se coiffent en hélant les clients potentiels. Leur âge varie de onze ans pour les prostituées à soixante‑cinq ans pour les ex‑tenancières.
    Les filles encagées du rez‑de‑chaussée font tout ce qui est en leur pouvoir pour attirer les hommes : elles leur font des signes, les appellent, les agrippent à leur passage... Parfois, elles relèvent leurs jupes et font des gestes obscènes.les-FEMMES-EN-CAGE-DE-BOMBAY.jpg

     

      Plus libres, moins timides, les prostituées  sont trop indépendantes pour accepter les règles imposées dans les bordels. Quand elles trouvent un client, elles l'emmènent dans une «cage» ou dans une chambre qu'une tenancière leur prête, en échange de la moitié de leurs gains. Certaines leurs permettent également de se laver et de se changer chez elles. La nuit, ces filles dorment dans la rue, avec les mendiants ‑ ce qui, en Inde, n'est pas un déshonneur. Mais ce qui fait d'elles des filles sans asile et les marque comme telles, c'est leur solitude, et le fait que personne ne s'occupe d'elles. Racolant dans les rues pour leur compte, elles sont souvent arrêtées et, n'ayant pas de protectrice pour payer leur amende, elles vont en prison. Elles sont souvent atteintes de fièvres et souffrent de la faim. D'autres ont pour ami un voleur à la tire qui, quand elles ne sont pas en prison, les bat et prend leur argent. Les relations qui existent entre ces filles sont toute leur richesse; elles nouent des amitiés profondes et sont très solidaires. Leur refuge, leur lieu de rendez‑vous, c'est l'Olympia Café, le plus grand et le plus beau des cafés de la rue, avec ses murs recouverts de miroirs. Elles peuvent y trouver des clients potentiels.

     

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       Elle dort dans une minuscule chambre, sur le devant de la cage, dans un très grand lit recouvert d'une couverture aux couleurs vives. C'est là le centre de toute la vie sociale. Un rideau sépare cette pièce d'une très petite chambre sombre, meublée de deux lits, chacun caché par des rideaux. Derrière les lits, un tuyau d'écoulement en ciment et un énorme bac d'eau. C'est dans cette pièce que ses trois filles travaillent, dorment, se lavent.

     

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     .Les travestis vivent ensemble, habitent dans des cages ou des chambres voisines du bordel. 

     beaucoup étaient eunuques, et avaient été castrés très jeunes. Leur clientèle n'est pas nécessairement composée d'homosexuels, mais plutôt d'hommes qui n'éprouvent une grande satisfaction sexuelle qu'avec des travestis.  

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    paris match
    LES FEMMES EN CAGE DE BOMBAY   <<< la suite c'est ici
    16 Octobre 1981
    MARY ELLEN MARK
      Bombay porte de l'inde  

      


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